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La 13ème édition du congrès suisse de l’électricité se déroule cette fin de semaine à Berne. De nombreux représentants du domaine de l’électricité se rencontrent pour découvrir des exposés captivants ou participer à des discussions animées. Benoît Revaz, directeur de l’Office fédéral de l’énergie, a participé à l’événement le premier jour. Sa présentation avait pour titre: «Ouverture du marché, pourquoi maintenant?».

Voici quelques extraits du discours du directeur de l’OFEN:

Aujourd’hui, le marché de l’électricité est partiellement ouvert pour les grands consommateurs, qui ont une liberté de choix de leur fournisseur. Alors, pourquoi vouloir maintenant offrir ce libre choix aux petites et moyennes entreprises et aux ménages consommant moins de 100’000 kWh par année?

Il s’agit de donner à tous les consommateurs finaux la liberté de choix en matière de fourniture d’électricité, et je parle bien de fourniture et non pas de fournisseur. L’enjeu est de saisir le potentiel des nouvelles technologies. Quelles soient décentralisées renouvelables, partagées localement ou non, intégrées au réseau ou indépendantes. Et cela non seulement au niveau de la production, mais en lien avec la gestion de la demande et les solutions de stockages. Car l’ouverture du marché a également pour ambition de libérer les innovations, potentiellement limitées ou ralenties sur un marché de monopole. Sans un marché ouvert, de nombreuses innovations n’auraient jamais émergé.

L’ouverture du marché s’inscrit dans les objectifs de la Stratégie énergétique 2050. La loi sur l’énergie prévoit des mesures financières visant à développer les énergies renouvelables et à soutenir la force hydraulique existante. La production renouvelable a ainsi augmenté depuis 2000 avec une accélération depuis 2010. La Stratégie énergétique 2050 soutient également le développement de l’autoconsommation et le regroupement de communautés d’autoconsommation. Elle favorise ainsi la combinaison entre la production conventionnelle centralisée et un modèle décentralisé basé sur des sources renouvelables. Ce modèle décentralisé donne une place renforcée à la demande et donc au consommateur final. La prise en compte du consommateur final est dès lors un axe fort de l’ouverture du marché de l’électricité.

Quelles conséquences envisager de l’ouverture du marché de l’électricité?

J’y vois 4 points principaux:

       L’ouverture complète du marché permettra tout d’abord au consommateur: Une liberté de choix complète de sa fourniture d’électricité.

       Deuxièmement, l’ouverture du marché c’est également: Une meilleure transparence du marché et une plus grande efficacité.

       Troisièmement, l’ouverture du marché amènera ainsi: Une meilleure intégration des énergies renouvelables.

       Quatrièmement, ce développement de nouveaux modèles d’affaires entraîne d’importantes: Innovations de produits et de services énergétiques.

Ouverture du marché: pourquoi maintenant?
Pour les consommateurs, le temps est mûr pour l’ouverture du marché. Nous ne sommes pas dans une ouverture qui permet de choisir uniquement entre un fournisseur A et un fournisseur B mais qui donne au consommateur une liberté de choix complète de sa fourniture d’électricité.

L’ouverture du marché doit conduire à plus de transparence, condition essentielle au développement des meilleures solutions et à la liberté de choix des consommateurs.

La combinaison entre solutions centralisées et décentralisées ainsi que la fixation d’un produit standard exclusivement suisse et majoritairement renouvelable, améliorera l’intégration des énergies renouvelables.

L’innovation technologique est déjà présente en Suisse. Les regroupements d’autoconsommateurs en sont le meilleur exemple. Sans ouverture légale du marché, les évolutions technologiques seront locales, ponctuelles, renforçant encore l’inégalité de traitement entre consommateurs.

Le potentiel du marché de l’électricité existe: la volonté de décarboner l’économie, donne aux entreprises actives sur le marché de l’électricité l’opportunité de s’attaquer au marché de plus de 15 milliards de francs que les Suisses dépensent chaque année en énergies fossiles.

Je sais la branche être très bien positionnée pour saisir les opportunités qui se présentent. Je suis confiant en sa capacité à anticiper les défis et à satisfaire le consommateur dans son choix entre un approvisionnement de base et une fourniture sur le marché, que ce soit auprès de son fournisseur traditionnel ou d’un autre acteur.

(Extraits du discours de Benoît Revaz du 17 janvier 2019 à Berne, seuls les mots prononcés font foi.)

Fabien Lüthi, communication OFEN.

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