A l’heure actuelle, force est de constater qu’un nombre croissant d’entreprises tendent à communiquer chacun de leurs moindres faits et gestes bénéfiques pour l’environnement ou pour la société. Cette tendance – comparable à des pratiques marketing – est d’ailleurs bien percevable dans l’augmentation des rapports durables publiés par les sociétés (hausse de 400% entre 2011 et 2019). Voici un exemple type de rapport de durabilité (Swisscom 2019).

Ce phénomène s’explique en partie par le fait que depuis quelques décennies, la communauté entrepreneuriale est vivement pointée du doigt comme étant majoritairement responsable des problèmes sociaux et environnementaux encourus par notre société. La «Responsabilité sociétale des entreprises» (RSE) est l’une des conséquences de cette pression sociale et environnementale exercée sur les firmes. La RSE désigne la responsabilité prise volontairement par les entreprises pour lutter contre les effets de leurs activités sur la société et l’environnement. Le concept repose sur les piliers économique, social et environnemental.  En Suisse, la dimension environnementale représente peut-être l’aspect avec le plus grand potentiel d’amélioration. En effet, actuellement, nombreuses sont les entreprises qui se sont lancées dans des processus visant à réduire leur impact environnemental, notamment en essayant d’améliorer leur efficacité énergétique. A noter que la RSE prône un engagement allant au-delà des simples obligations juridiques en termes de pratiques économiques, sociales et environnementales.

Même si la mise en œuvre d’activités de RSE repose sur le bon vouloir des entreprises, les gouvernements peuvent néanmoins soutenir l’intégration de la RSE en établissant des conditions-cadres. Par exemple, le 1er avril 2015, le Conseil fédéral a adopté un «plan d’action RSE 2015-2019» comprenant dix mesures et pas moins de 80 activités visant à promouvoir la RSE des firmes suisses. Actuellement, la Confédération poursuit sa politique de soutien à la RSE au sein des entreprises avec son plan d’action révisé couvrant la période 2020-2023.

La RSE ayant été présentée sur le plan théorique, il est intéressant de se pencher sur quelques exemples concrets. L’aéroport de Genève – acteur de l’initiative Exemplarité Énergie et Climat (EEC) –  ambitionne de chauffer et de refroidir tous ses bâtiments au moyen d’énergie 100% renouvelable, notamment en captant l’énergie de l’eau du lac Léman. A noter que la société a déjà augmenté sa production annuelle d’énergie renouvelable de 0.3 GWh en 2006, à 1.2 GWh en 2017, puis à 1.7 GWh en 2019. D’autres mesures similaires implémentées par les acteurs de l’initiative EEC peuvent être consultées dans le rapport annuel 2019 sur l’Exemplarité Energie et Climat.

S’engager dans la RSE n’est pas uniquement à la portée des grandes entreprises.  En effet, «Salines Suisses» – firme de taille moyenne employant environ 200 personnes et active dans la production de sel – s’est par exemple lancée dans l’agrandissement de la centrale hydroélectrique de son site de Bex, permettant ainsi une hausse de 50% de la production d’énergie verte produite par cette centrale. La remise en circulation de la vapeur créée lors de la production de sel (par évaporation) permet elle aussi d’économiser plus de 90% d’énergie de chauffage. Outre les efforts mis en œuvre pour économiser les ressources en énergie, les Salines Suisses s’engagent pour le développement durable de manière globale et ont notamment créé le fond «Salzgut» en faveur de la protection de la nature.

Les exemples de pratiques RSE mentionnés ci-dessus portent principalement sur la dimension environnementale (plus précisément sur l’efficacité énergétique). Il faut toutefois souligner que se concentrer uniquement sur l’un des piliers RSE n’est pas suffisant pour considérer une entreprise comme «responsable». En effet, la RSE est un concept englobant d’autres dimensions non négligeables, notamment dans l’aspect social et économique: respect des droits de l’homme, garantie de la sécurité au travail, aide envers certaines communautés défavorisées, respect de la concurrence équitable, production de biens et services éthiques…

Il est pertinent de rappeler que l’engagement de certaines entreprises  envers des pratiques plus responsables n’est pas sans intérêts pour ces dernières. En effet, une partie d’entre elles sont conscientes du fait que l’engagement en RSE améliore leur image et que cela mène parfois à des économies de coûts (énergie ou matière première).

Rémy Obrist, Stagiaire universitaire Coordination, OFEN

 

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