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En Suisse quand on pense aux barrages, on les associe principalement à la production hydroélectrique ou encore à la gestion des crues. Il ne faut pas oublier que les premiers barrages, construits en Égypte et Mésopotamie, avaient comme but de gérer les eaux des rivières et garantir un approvisionnement d’eau pour l’agriculture les mois d’étiage. C’est cette utilisation des premiers barrages qui a permis la révolution verte et le fleurissement des anciennes civilisations. Dans un cadre de changement climatique et d’augmentation de la population mondiale, la construction de grands barrages dans les pays en voie de développement revient d’actualité.

Mes expériences, de 2011 à 2018, en tant que spécialiste en surveillance des barrages, au sein de la section Surveillance des barrages rattachée à l’Office Fédérale de l’Energie (OFEN), m’ont amenées à l’United Nations Office for Project Services (UNOPS) comme consultante sur la sécurité des barrages pour des projets d’irrigation au Niger dans les régions de Sia-Kouanza et de Konni. Il s’agit de grands réservoirs avec des barrages en remblai homogènes. Les principales problématiques rencontrées sont l’ensablement de la retenue, le manque d’instrumentation et de maintenance des infrastructures depuis leur construction. Le projet, financé par le Millenium Challenge Corporation, prévoit la mise à jour des canaux d’irrigation et des barrages principaux et envisage une surélévation des digues pour augmenter la capacité des réservoirs et garantir la sécurité face aux crues.

La section Surveillance des barrages de l’OFEN a vu le jour après les attaques de barrages allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les grands barrages restent malheureusement aujourd’hui encore des infrastructures cibles lors de conflits armés, comme on a pu le constater avec le barrage de Mosul en 2014. Mais les barrages peuvent aussi être considérés comme des instruments œuvrant pour la paix et la sécurité. Actuellement je travaille en collaboration avec le Geneva Water Hub sur un projet pour la gestion des barrages transfrontaliers comme base de négociation politique, par exemple avec le barrage de la Renaissance, en construction en Éthiopie, qui met en conflit l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan pour la gestion des eaux. Mes connaissances acquises à l’OFEN avec l’implémentation binationale des accords de surveillance entre la Suisse et la France pour les barrages du Chatelôt et Chancy-Pougny m’aideront certainement à analyser cette étude.

La sécurité des barrages, en Suisse et partout dans le monde, reste primordiale pour garantir l’approvisionnement d’eau face au changement climatique et la sécurité de la population en cas de crues ou de rupture, mais aussi comme instrument de paix entre pays riverains dans le passé, le présent et le futur.

Maria Güell i Pons, ancienne collaboratrice de l’OFEN

Bio express:
BS Génie Geologique, Université Polytechnique de Catalogne (UPC) et Université de Barcelone (UB)
MSc Méthodes Numériques appliquées, Centre International des Méthodes Numériques en Ingenierie (CIMNE)

Image: Googlemaps

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