Motor Summit 2016 (Quelle: Thomas Burla)

Sceptisisme européen au Motor Summit’16


Comme tous les deux ans, la Conférence «Motor Summit» a eu lieu à Zürich du 11 au 12 octobre dernier. Pendant deux jours la Suisse est devenue la plateforme d’échange où plus de 100 experts internationaux du domaine des moteurs et des entrainements électriques ont pu échanger leurs connaissances, leurs expériences et les résultats de leurs recherches en efficience énergétique où près d’une trentaine d’exposés ont été présentés avec à la fin de chaque journée un panel de discussion, afin de permettre d’élargir les thèmes abordés de façon informelle. Les sujets des présentations étaient réparti deux thèmes centraux: la régulation et le contrôle des prescriptions d’efficacité, et l’utilisation des technologies disponibles pour réduire la consommation des entrainements électriques.

Pour de nombreux pays la règlementation des mesures d’efficacité passe par des exigences minimales contraignantes qui doivent être révisées périodiquement, afin de prendre en compte les évolutions technologiques. Hélas au niveau de la communauté européennela situation est bloquée et l’impulsion donnée par les directives eco-design semble gelée pour des raisons politiques. Principalement suite à l’environnement turbulent que subit actuellement l’UE dû à la crise migratoire et au Brexit. La présentation donnée par le représentant de la commission européenne était des plus pessimistes quant à la révision des directives en cours et la création de nouvelles exigences minimales. En résumé toutes activités dans le domaine de l’efficacité électrique sont pour l’instant soit gelée soit en stand-by. Cette situation ne touche pas seulement nos voisins européens, mais également la Suisse où nous attendions par exemple la révision des exigences minimum pour les moteurs électriques et l’introduction de celles pour les compresseurs. Car la Suisse adapte ses prescriptions sur celles venant de l’UE.

Par contre, quelque chose de plus réjouissant sont les approches par produit étendu (extended product) et système (PDS = Power Driven System) qui sont en train de percer dans l’élaboration de nouvelles prescriptions d’efficacité et qui devrait permettre d’avoir un plus grand impact que les prescriptions actuelles. Une telle approche est déjà mise en place pour le pompe de circulation à rotor noyé sur la base de l’indice d’efficacité énergétique (EEI = Energy Efficiency Index) qui tient compte de la pompe, du moteur et de l’entrainement. A cet effet, les Etats-Unis ont mené plusieurs réflexions allant dans ce sens pour les pompes, les ventilateurs et les compresseurs. Des mesures sont également en cours d’implémentations de la part du département américain de l’énergie pour la mise en place d’une procédure simplifiée dans le cadre du contrôle de la réalisation des exigences minimum par les fabricants pour la détermination de l’efficacité de leurs composants et de leur système, notamment pour des systèmes d’entraînements électriques de grandes tailles où les fabricants sont mieux équipés pour effectuer des mesures que les laboratoires agréés.

Dans le cadre de MS’16, la Suisse a également pu montrer son savoir-faire dans le domaine de l’efficacité électrique et de son implémentation à l’aide de ses trois instruments que sont : les prescriptions d’efficacité de l’ordonnance sur l’énergie, le programme SuisseEnergie et les appels d’offres publiques.

Plus d’informations sur le Motor Summit 2016 sont disponibles sous : http://motorsummit.ch/.

Richard Phillips, Responsable pour les systèmes d’entraînements électriques à l’OFEN