Diminuer les sédiments dans le Rhône


360’000 m3 de sédiments par année dans le Rhône en aval de Genève. Que faire ? C’est la question que les autorités suisses et françaises se sont posées en 2012 pour la préparation du nouveau mode de gestion des sédiments dans le Rhône en aval de Genève. 360’000 m3, c’est l’équivalent de 100 piscines olympiques remplies de matériaux que l’on ne souhaiterait pas dans le lit du Rhône. Ces matériaux sont apportés naturellement par la rivière française l’Arve dans la retenue du barrage de Verbois, en territoire suisse. Ces sédiments doivent être évacués car leur accumulation augmente le risque d’inondation de certains quartiers en ville de Genève et le long du Rhône en cas de crue.

Pour ce faire, les Services industriels de Genève (Suisse), la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny (Franco-Suisse) et la Compagnie Nationale du Rhône (France) ont entrepris dès cette année un nouveau mode de gestion des sédiments dans le Rhône. L’OFEN, par sa section Force hydraulique, a été actif en participant au comité technique franco-suisse mis en place par les autorités en 2012, visant à analyser et définir la meilleure variante pour le futur. Cette action s’est concrétisée par l’approbation du nouveau mode opératoire pour l’aménagement hydroélectrique binational de Chancy-Pougny, en aval de Verbois, en automne 2015.

Ce mode de gestion a été décidé conjointement par les autorités franco-suisses, après un large processus de consultation auprès des trois opérateurs et des parties prenantes. Ainsi, les vidanges complètes des retenues des barrages, pratiquées jusqu’en 2012, et qui entraînaient des dommages importants pour la faune piscicole, sont remplacées par une série de mesures parmi lesquelles figure l’abaissement partiel du Rhône, par endroit jusqu’à 12m, tous les 3 à 4 ans. Cet abaissement, couplé avec l’apport du débit du Léman, permet de transporter naturellement les sédiments accumulés sur le fond du lit du fleuve. L’objectif est de garantir la sécurité des populations riveraines genevoises en limitant les risques d’inondations en cas de crues, la sûreté des installations hydroélectriques, tout en respectant la faune et la flore.

Initiées le 21 mai, les opérations se sont terminées le 31 mai, avec le retour à un niveau normal d’exploitation des barrages de Verbois et Chancy-Pougny. Elles auront mobilisé plus de 300 personnes. Le bilan complet va prendre environ 1 an mais les premiers résultats sont très satisfaisants. Cette collaboration régionale a permis l’application d’un nouveau mode de gestion préservant mieux la faune et la flore. Compétence, concertation, communication : 3 mots-clés pour un objectif transfrontalier réussit.

Alexandre Oberholzer, section Force hydraulique, OFEN

Images vidéo de l’abaissement réalisées avec un drone:
http://airshoot.ch/2016/05/5050-labaissement-rhone-barrage-de-verbois-ge-swissmediatools/