Les traditionnelles Journées Romandes de la Géothermie (JRG) se sont déroulées à Genève les 29 et 30 janvier dernier, en marge des Assises Européennes de la Transition Energétique, sommet international réunissant l’ensemble des acteurs des énergies renouvelables. Cette année, l’accent a été mis sur l’état des lieux du développement de la géothermie profonde en Europe. Les quelques 160 participants par jour venant des branches de géothermie de France, d’Allemagne et de Suisse ont eu pendant ces deux jours l’opportunité d’échanger leur expérience et leur vue sur l’avenir de la géothermie profonde en Europe. Faisant pourtant partie du même bassin géologique, la Suisse ne bénéficie pas encore de la même contribution de la géothermie profonde dans son parc renouvelable que nos deux pays voisins.

Le cas d’école français est le bassin parisien. En effet, l’Ile-de-France offre une très bonne coïncidence entre les ressources géothermiques et la demande en chauffage ce qui permet à près d’un million d’habitants de bénéficier de la chaleur fournie par une quarantaine de projets de géothermique hydrothermale. L’équivalent allemand est le bassin bavarois, qui avec plus de vingt installations exploitant les ressources du sous-sol profond, a démontré une bonne intégration de la géothermie profonde hydrothermale notamment dans le développement des réseaux de chauffage à distance. Ce retour d’expérience est bon à prendre pour les projets suisses qui se préparent.

Même si aujourd’hui elle ne contribue pas encore à la production d’électricité et seulement marginalement à la production de chaleur, la géothermie profonde en Suisse est également en marche. Les participants des JRG ont d’ailleurs pu se confronter à la réalité d’un forage en milieu suburbain lors de la visite organisée du forage de Satigny ayant pour cible des formations aquifères à 650 m de profondeur entrepris par les Services Industriels de Genève (SIG) en décembre dernier. La présentation de quatre projets romands a permis d’avoir un bon aperçu de la volonté de développer la géothermie mais aussi des challenges que cela comporte.

Nouvelles mesures de soutien en Suisse
Trois pays, trois cadres législatifs différents. Aujourd’hui, en France et en Allemagne, le marché de la géothermie profonde ayant atteint une certaine maturité technologique et compétitivité économique, les soutiens au développement des projets de production d’électricité et de chaleur s’amenuisent. Ce n’est pas le cas en Suisse et c’est la raison pour laquelle la géothermie profonde requiert un fort soutien de la part de la Confédération. Les conditions-cadres en Suisse ont été améliorées avec l’entrée en vigueur de nouvelles mesures de soutien au 1er janvier dernier. L’OFEN a eu l’opportunité de les présenter lors de la deuxième journée des JRG. Leur objectif est de baisser les barrières technologiques et économiques au développement de la branche tout en assurant un développement rigoureux. En effet, les conditions d’octroi d’un soutien de l’OFEN touchent à des thèmes forts comme l’innovation, la collecte et le partage des données du sous-sol générés par les projets mais aussi, bien sûr, la sécurité des activités et de l’exploitation et le respect de l’environnement.

Les présentations seront mises à disposition dans les prochains jours sur le site de Géothermie-Suisse (www.geothermie-schweiz.ch). Ne ratez pas l’appétissante présentation de la société Valperca qui amène la géothermie dans nos assiettes en valorisant l’eau chaude venant du tunnel du Lötschberg pour élever des perches!

Nicole Lupi, spécialiste géothermie à l’OFEN

Photo: Chantier de Satigny, François Martin – SIG

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