Forger notre conviction


Les infrastructures énergétiques actuelles ont été construites durant le 20ème siècle en intégrant les différents développements et en exploitant différents potentiels de chaque génération. Les décennies à venir vont nous permettre de combiner infrastructures conventionnelles et nouvelles applications, production et consommation, installations centralisées et décentralisées. Le potentiel des différents développements va nous amener à diminuer notre consommation globale d’énergie et à substituer des sources conventionnelles par des énergies renouvelables.

Les consommateurs suisses paient chaque année une facture énergétique de plus de 25 milliards. Près des deux tiers relèvent des énergies fossiles (carburant, mazout et gaz) qui sont importées. La réduction de la consommation et le développement des énergies renouvelables en Suisse doivent conduire à réduire notre facture énergétique et notre dépendance face aux importations.

Cette transition est toutefois un énorme défi pour l’ensemble des acteurs. La branche voit ses modèles d’affaires et ses revenus évoluer fondamentalement. Les consommateurs sont amenés à prendre conscience qu’ils sont en mesure de devenir de véritables acteurs de leur consommation et de la nouvelle chaîne de valeur énergétique. Finalement, il s’agit pour le législateur de mettre en place des conditions-cadres à même d’assurer la complémentarité entre infrastructures existantes et nouvelles applications, de donner les bonnes impulsions en termes d’investissements, de rémunérer de manière adéquate la valeur ajoutée au travers de mécanismes de marché.

Les technologies sont disponibles pour la transformation des systèmes énergétiques et elles sont, année après année, plus efficaces et moins coûteuses. Demeure peut-être à franchir l’étape la plus exigeante: forger notre conviction. Nos prédécesseurs ont fait preuve de vision et de courage entrepreneurial en construisant les aménagements hydroélectriques, il revient à notre génération de saisir les opportunités du tournant énergétique.

Benoît Revaz, directeur de l’OFEN