La sensibilisation pour améliorer l’efficacité énergétique


Entre 2014 et 2015, deux études ont été publiées sur la consommation électrique et le potentiel d’économie des centres de calcul en Suisse en réponse à plusieurs postulats du Conseil National. Dans le cadre de ces deux étude, les centres de calcul ont été définis comme étant des bâtiments ou des locaux dans lesquels est hébergée l’informatique de calcul (serveurs, mais aussi toute l’infrastructure nécessaire à son fonctionnement) appartenant à une ou plusieurs entreprises, voir même à des organisations. Cela doit correspondre à une pièce autonome ayant un nombre de serveurs minimum, un approvisionnement en courant électrique, ainsi qu’un système de climatisation (production de froid, circulation et distribution d’air). Les centres de calcul sont subdivisés en deux catégories selon leur affectation : les centres de calculs internes (in-house) à usage strictement interne à l’entreprise et les centres de calcul externes (prestataires de service à des tiers). Les centres de calcul occupent en Suisse une surface totale de 235’000 m2 (l’équivalent de 33 terrains de football), dont les deux tiers sont occupés par les centres de calculs externes. La consommation électrique annuelle des centres de calcul a été estimée à 1’661 GWh sur la base de la surface occupée, de leur puissance spécifique (entre 275 et 650 W/m2) et leur valeur PUE (Power Usage Effectivness) (entre 1.4 et 2.1), ce qui correspond à 2.8% de la consommation annuelle d’électricité en Suisse.

L’efficacité énergétique des centres de calcul consiste principalement à diminuer la consommation électrique des principaux composants, tels que l’équipement IT (serveurs, unités de stockage et de back-up, etc.), l’éclairage, l’installation ASI (alimentation sans interruption), les systèmes de refroidissement et de circulation d’air. Ils existent un certains nombres de mesures permettant d’augmenter l’efficacité énergétique des centres de calcul, telles que: l’élévation de la température de travail, l’utilisation du rafraîchissement libre (free cooling), le réglage de la quantité d’air pour le refroidissement, la séparation des allées froides et chaudes, l’optimisation de la charge partielle de l’installation ASI et l’optimisation de la charge des serveurs. Le potentiel d’économie au niveau de l’infrastructure de refroidissement, de circulation d’air et de l’équipement IT a été estimé à 716 GWh par an, soit 43% de la consommation annuelle totale des centres de calcul en Suisse.

L’utilisation des rejets de chaleur permet une réduction de 5% des émissions de CO2 dans le secteur des services et l’utilisation du courant vert entre 1% (mix électrique de production) et 4% (mix électrique de consommation). Cependant, ces mesures ne sont pas implémentées de façon systématique.

Les mesures actuelles pour les centres de calculs sont soutenues par les appels d’offres publiques. Les expériences faites avec les programmes passés et existants montrent, tout comme pour l’utilisation des rejets de chaleur, qu’il y a encore un besoin d’information et de sensibilisation des opérateurs de centres de calculs. C’est pourquoi des mesures d’information sont actuellement à l’étude en étroite collaboration avec des associations professionnelles. De plus, les opérateurs des centres de calculs ont la possibilité de demander un support financier par les appels d’offres publiques (ProKilowatt) dans le cas de mesures ambitieuses. Il est encore important de savoir qu’il n’existe pas de prescriptions d’efficacité pour les centres de calcul, contrairement aux serveurs individuels. L’union européenne examine de possibles exigences minimales, que la Suisse pourrait probablement reprendre.

En conclusion, l’amélioration des mesures en cours passe principalement par la sensibilisation sur la thématique de l’efficacité énergétique dans les centres de calcul auprès des entreprises et des bureaux d’ingénieurs au moyen de campagnes d’information, d’articles dans des revues spécialisées, d’offres en formation continue et de workshops.

Richard Phillips, section Appareils et appels d’offres publics